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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 16:28

Quand on évoque une dernière fois, quelle qu'elle soit, ce n'est jamais amusant. Parfois, ça sent le sapin. En l'occurrence, c'est d'une entité qu'il s'agit puisqu'ici, je vais vous parler de ce dernier match qui va se dérouler samedi 9 mai 2015 au stade Moga Bègles 18h30 (ce stade s'appelait stade Musard avant la disparition d'une figure emblématique de l'histoire du club de rugby: André Moga).

La dernière à Moga, c'est un vent de nostalgie qui souffle en rafale sur nos âmes à damiers, c'est un vague à l'âme acéré qui fend froidement le plus robuste des radis, c'est un voile de tristesse qui assombrit la parure bleue et blanche fièrement portée par des Cabistes jusqu'au-boutiste.

La dernière à Moga Musard (oui, pour moi ce sera Musard puisque j'ai baigné dans cette ambiance du complexe Delphin Loche depuis ma plus tendre enfance.) C'est le quartier où mes Parents ont vécu et où ils se sont rencontrés.

C'est un quartier où j'ai longtemps trainé mes guêtres, faisant les allés et venues entre la place du 14 juillet, la rue Calixte Camelle, la rue du Maréchal Joffre, la rue de Verdun et l'avenue Lénine.

Avec mes copains, avec l'école, avec mon premier sport pratiqué, j'ai foulé l'ensemble des terrains du complexe Delphin Loche sauf le beau rectangle toujours vert où jouait l'équipe de rugby de première division (Il y a des carrés de verdure qui se respectent. Particulièrement quand ils sont entretenus avec amour par les employés municipaux). Le terrain de hand-ball goudronné où j'ai laissé un peu de peau des genoux. Les terrains de tennis, derrière les grands cyprès, où avec des copains, nous venions échanger quelques balles fort maladroitement en rêvant d'un destin à la Björn Borg. (on s'est souvent fait viré par les licenciés prioritaires).

Pas grave, on remontait un peu vers le Nord pour tenter de dompter le fronton et son mur Communiste puisque à l'extrême gauche de l'aire de jeu: Là également, je me suis fait jeté un nombre incalculable de fois par les joueurs aux raquettes en bois et à l'esprit Basque. (ils nous disaient chaque fois:"Le tennis, c'est pas là" ...désolé, mais je ne pouvais pas m'empêcher ce jeu de mot)

La der à Musard, c'est un souvenir lointain mais bien présent d'une mystérieuse exploration des vieilles tribunes de fer et de bois qui se trouvait en lieu et place de la Tribune Garonne d'aujourd'hui. Chaque bout de banquettes portant les stigmates du postérieur d'un angoissé, d'un coup de point rageur, d'un saut de joie à pieds joints deux rangs plus bas. Ces vieilles tribunes en avaient vu de toutes les couleurs mais surtout du Bleu et du Blanc Arlequinisé de l'équipe locale. Je me souviens de cette vieille tribune qu'on aurait cru sortie tout droit de je ne sais quel décor de film. Une vieille construction d'époque en fin de vie où les clous tordus et agressifs, les échardes sculptées par le temps, les bouts de ferrailles rouillés recelaient des pièges potentiels à chaque angle de travées. À cette époque, lorsqu'un enfant se blessait, les parents ne portaient pas plainte contre les institutions pour mise en danger de la vie d'autrui: une baffe dans la gueule par ces mêmes parents s'additionnait à un genou écorché et ça suffisait à calmer les ardeurs d'explorateur en herbe.

La der à Musard, c'est tout d'abord la clameur d'un public de passionnés qui résonne au fond de ma mémoire auditive. Les jours de match, lorsque je n'étais pas en âge de venir assister à ses joutes rugbystiques, j'entendais, à la faveur des vents dominants, les cris du public de Musard qui poussaient comme un seul homme derrière son équipe favorite.

AU CŒUR DE LA MÊLÉE SUPPORTRICE.

C'est mon papa Handballeur au CABéglais qui m'amena voir mon premier match de rugby à Musard. Je devais avoir à cette époque environ une dizaine d'année. Je fus électrisé par l'ambiance qui régnait au cœur de l'enceinte. La montée en puissance de la clameur, lorsque l'équipe que l'on supporte s'approche de l’en-but adverse est toujours aussi prenante. Il me fallut bien des années avant de comprendre les règles et toutes les subtilités de ce magnifique jeu.

Je suis né un peu trop tard ou disons que mon oncle Michel Bru est né un peu trop tôt, pour me donner le plaisir de le voir jouer avec l'équipe première au tout début des années 70. Il se fit remarqué lors des quelques matchs joués au poste de N°9 avant de se blesser assez sérieusement. Sa seconde chance mis du temps à venir et c'est pour cette raison qu'il s'expatria sur le bassin d'Arcachon pour faire les beaux jours du célèbre club à la coccinelle: Gujan Mestras.

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, c'est un joueur étranger qui retint mon attention de jeune profane. Nous étions à la fin des années 70 ou au tout début des années 80. De ce que je me rappelle, il s'appelait THOMAS (nom de famille ou prénom ?), il était d'origine Sud Africaine et évoluait au poste de Flancker (il me semble).Je ne voyais que lui sur le terrain. A cette époque, les joueurs de Rugby étrangers qui évoluaient dans l'élite n'étaient pas légion. Ce joueur-là avait la particularité d'être partout et tout le temps où se déroulait l'action. Le genre de mec qui possède un poumon de plus que les autres. L'espèce de joueur qui ne renonce jamais comme souvent avec les Sud Africains. Sa spécialité: Le contre. Je me souviens qu'il était capable de plonger dans le vide de manière très spectaculaire et que souvent, il contrait le coup de botte du joueur adverse.

Au milieu des années 80, je commence à comprendre avec plus de finesse le jeu de Rugby. Le CABéglais est devenu le CABB (pour "Club Athlétique Bègles Bordeaux"). Durant une ou deux saisons, le talonneur de l'équipe s'appelle Nicolas Castenet. Je l'observe plus que les autres car c'est un ancien et tout récent camarade de Lycée. Déjà à l'époque, il était hors normes. N'ayant peur de rien, il tenait tête à n'importe qui et son caractère de Lycéen remuant se traduisit sur le terrain par un engagement sans limite. Sa spécialité: chiper des ballons sur introduction adverse. C'était également un joueur qui courait vite et qui se faufilait partout; un véritable passe-muraille doté d'un sens du combat hors du commun. Je suivis sa carrière dans les pages de Midol lorsqu'il s'expatria sur Paris (ASPTT Paris). Il ne se passait pas deux semaines sans que le journaliste du Midol vente les coups d'éclats de ce talonneur de talent.

La der à Musard, me fait penser à des joueurs emblématiques de cette période charnière et glorieuse que j'ai vécue avec un enthousiasme d'enfant. A cette époque, j'avais la petite boule au ventre du supporter fébrile avant chaque match. Je commençais à comprendre tout le degré d'émotions et de sentiments qui jalonnent un match: l'avant, le pendant et l'après. Nous aimions, mon père et moi, venir très tôt pour voir arriver les joueurs des deux équipes et pouvoir presque leur parler, les toucher. Ressentir dans une attitude, dans un geste, un regard, la tension monter d'un cran. Il y eut des fois où un vent de souffre balayait la pleine de Musard, laissant imaginer un match âpre, tendu, difficile à jouer.

Il y eut un Castenet qui ne s'échappait jamais dans l'affrontement mais il y eut aussi un André Berthozat, extraordinaire deuxième ligne, combattant de l'impossible, infatigable gladiateur qui laissa beaucoup de son énergie dans la bataille et bien plus. Associé à un autre deuxième ligne complémentaire "Christophe Mougeot" dit Papy. Ces deux-là composèrent les deux poutres maîtresses de la charpente du Pack Béglais durant de nombreuses années.

Avant de parler de l'époque de la Tortue Béglaise, j'aimerai m'arrêter quelques lignes sur un joueur emblématique de cette période. Un joueur impeccable dans son jeu, un joueur respecté, un joueur loyal, un joueur humble parmi les humbles: François Labat. Si des personnes qui ont connu cette époque lisent ces quelques lignes, je pense qu'ils seront d'accord avec moi pour dire que François Labat était un sacré joueur de Rugby. Il ne se passait pas un match sans qu'il réalise un coup d'éclat: soit des ballons arrachés dans les regroupements grâce à ses deux bras/tenailles, soit un départ au raz ultra puissant pour une 89 d'école ou soit une pénalité réussit à plus de 50 mètres avec, excusez du peu, la beuchigue qui passe en haut des perches. Tout simplement époustouflant pour un troisième ligne centre. Une année, c'est grâce à son coup de pied de mammouth et à une pénalité réussie à la dernière minute, que François Labat évita au Club la relégation lors de la dernière journée de Championnat.

Durant cette fin des années 80, il y eut un match international joué à Musard entre l'Equipe de France A' et l'URSS. Tout un symbole puisque la commune changea de couleur politique quelques temps plus tard (passant du rouge au rose/vert) et l'Empire Soviétique tirait ses derniers Katiouchas avant son effondrement et sa dissolution en décembre 91. Pour la petite histoire, François Labat fut sélectionné avec le XVI du Coq pour la plus grande fierté des Béglais (je crois me souvenir que d'autres Béglais furent sélectionnés). J'ai assisté à ce match mais ce jour-là, je vécu une tranche de vie assez marquante. Cela se déroula juste quelques heures avant le coup d'envoi. Alors que je marchai vers le logis familial pour prendre le repas de Midi , je fus interpellé par un petit monsieur au volant d'une Mercédes immatriculé dans le Gers. Avec un accent tranché fleurant bon le magret de canard, le monsieur me demanda où se trouvait le stade Musard. Une fois penché vers la vitre passager ouverte, je restai sans voix devant ce célèbre conducteur:

- Mais..., mais..., vous êtes... L'homme coupa court.

- Oui, oui, mais je suis surtout en retard à mon rendez-vous !

- Si vous voulez, je monte avec vous et je vous amène à l'entrée du stade. Lui répondis-je.

Il accepta et c'est comme ça que je me retrouvai sur le siège passager de la voiture conduite par Jacques Fouroux, alors sélectionneur et entraineur de l'Équipe de France de Rugby.

Le début d'une nouvelle période.

A la fin des années 80, on vit arrivé au club des joueurs portant les noms de Moscato, Gimbert, Simon, Vergé, Mougeot, Delage, Sallefranque, et un certain Bernard Laporte ( ce dernier arriva plus tôt) etc...On peut dire que les premiers matchs tous ensemble ne furent pas transcendants et il fallut attendre la saison 89/90 pour sentir monter en puissance ce collectif et voir émerger de redoutables individualités. L'aventure réelle de ce groupe débuta lors des huitièmes de finale 89 où les rugbypèdes du maillot à damier Bleu et Blanc encaissèrent à Musard un 47 à 3 par un Stade Toulousain au sommet de son art. Les Haut-Garonnais devinrent Champion de France quelques semaines plus tard. La légende dit que c'est suite à cette déculottée reçue sur ses terres, qu'un vent de révolte sonna dans les vestiaires du CABBG avec des fers de lance nommés Laporte et Moscato.

La saison suivante fut bien plus réussi et il s'en fallut de peu pour que L'équipe à Damier se retrouvent en quart de finale du Championnat. Ils opposèrent de farouches combats (dans tous les sens du terme) à l'AS Montferrandaise d'un certain Philippe St André.

La saison 90/91 ne fut peut-être pas la plus aboutie en terme de qualité et de domination mais on vit au fur et à mesure des matchs, une équipe monter en puissance pour atteindre son apogée le 1er juin 1991 au Parc des Princes, Vainqueur du même Stade Toulousain qui lui avait fait des misères deux ans plus tôt. Il y eut, quelques semaines plus tôt, un huitième de finale en match aller/retour contre un Toulon de feu. Le RCToulon pris l’avantage à Mayol, lors d'un match aller joué sous haute tension. Les Toulonnais avaient prévu de faire dégoupiller les Rapetous de la première ligne et toutes les intimidations furent employées pour ça. C'est dans cette ambiance explosive, qu'eut lieu un des matchs les plus impressionnants, en matière d'engagement, qu'il m'ait été donné de voir à Musard. Je revois encore arriver les joueurs de la rade à l'entrée du stade Musard. Le public Béglais, déjà présent en nombre, regardait passer les Toulonnais provocateurs du match aller. Le public resta calme. Les supporters savaient que tout allait se jouer à la régulière sur la pelouse; et se fut le cas. Au milieu de cette vague rouge et noire sortant de leur bus, je revois la silhouette élancée d'Eric Champ et la tête de tueur de Thierry Louvet encadrant leur célèbre entraineur au bandeau rouge: Daniel Herrero. Le match fut correct mais extrêmement physique: les deux équipes se rendant coup pour coup par des plaquages foudroyants. Bègles mit la main sur la partie et pour une fois, le public calme et connaisseur de musard, joua au 16 ième homme en poussant avec force et entrain derrière son équipe.

La Der à Musard me fait penser à la fête organisé dans l'enceinte sportive, le dimanche 2 juin 1991. Une fête jusqu'au bout de la nuit, une fête folle où l'on vit le Bouclier de Brennus passer de mains en mains (je pense entre toutes les mains des supporters présents) pour revenir à chaque fois entre les bras musclés d'un des combattants/conquérants de la veille. Je peux vous dire, pour l'avoir eu en main quelques secondes, que c'est un magnifique objets lourd et volumineux...

Il est amusant aujourd'hui de revoir les interviews des uns et des autres juste après la victoire. Celle qui me marque à chaque fois, est à mettre à l'actif de Vincent Moscato. Dans les vestiaires du Parc des Princes, Moscato répond au journaliste sur un ton mi-arrogant, mi-insouciant :

- Si on a une marge de progression ? Ha ! Lalaaaa, on va tout casser, c'est la décennie Bègles.

On aurait voulu le croire mais c'est bien connu qu'une histoire, aussi simple et limpide qu'elle puisse paraittre, ne s'écrit jamais à l'avance...

La Der à Musard me fait penser immanquablement à cette extraordinaire saison 91/92 où le stade mit sa tenue de gala à chaque match. La billetterie affichait souvent complet. Chacun voulant voir et admirer les ravages de la tortue Béglaise. Nous fûmes servis et même rassasiés d'essais et d'exploits en tout genre. C'est bien simple, chaque équipe qui venaient défier le CABBG à Musard, repartait chargée de 40 points dans les chaussettes. Une anecdote me revient sans cesse lorsque j'évoque cette période. Nous étions presque à la mi-temps du match CABBG-Castres. Je me situais juste derrière les poteaux de Castres dans la travée Populaire, le CO venait juste d'encaisser un essai. Christophe Reigt transforma. Nous avions les joueurs tout près, à porter de bras. Leur capitaine, Alain Carminatti regardait ses crampons quand tout à coup, une voix de la travée s'éleva:

- Heeey ! Carminatti ! Tu vois, c'est bientôt la mi-temps ...il y a 20 à 0.

L'international chercha du regard le spectateur/provocateur et s'en retourna vers le centre du terrain, un brin désabusé. En effet, quelques jours avant le match, Carminatti déclara dans les pages du journal Sud-Ouest :"on vient pas à Bègles pour prendre 40 points"....À la fin du match, le score fut sans appel: 38 à 0 ou quelque chose comme ça.

Et que dire de cette gigantesque Tortue orchestrée par les avants rompus à cette tâche et bien relayé par les trois-Quart (On peut trouver ce moment magique sur Youtube). C'était contre Périgueux, nous étions à la fin du match et la tortue Béglaise à trente pattes a manqué de peu l'essai du siècle. Les Béglais vêtus entièrement de noir furent stoppés dans les 22 adverse après avoir couvé l'Oeuf de cuir sur 60 mètres: complètement ahurissant !...(Je crois me rappeler que le score final fut environ de 67 à 3)...

Malheureusement, la décennie Béglaise annoncée ne dura qu'une saison et se termina sur un couac retentissant. Alors que tous les observateurs misaient un gros billet sur les Béglais pour le titre, tellement la domination fut grande durant la saison, ceux-ci se firent éliminer en 16ième de finale par une équipe de Chalon peu habituée à jouer les phases finales.

Le ressort s'est cassé. Le beau jouet prévu pour durer 10 ans ne retrouva plus son allant, son énergie, sa superbe. Les années se suivirent et se ressemblèrent avec de la pétillance en moins. Le jeu pratiqué, tourné vers les avants, ne fut plus aussi transcendant. On vit des actions où les ersatz de Mauls pénétrants succédaient à des gros combats médiocres d'avants. Parfois, j'avais mal aux trippes pour les trois-quart qui ne touchaient que 2 ou 3 ballons et qui chaque fois mettaient en danger les défenses adverses. Au fil des saisons, les joueurs emblématiques arrêtèrent leur carrière ou partirent vers d'autres horizons. On vit encore des matchs de fort belle qualité à Musard, avec de belles individualités et quelques grandes vedettes mais le CABBG ne se qualifia pour les quarts de finale du championnat seulement qu'à deux reprises en 10 ans. C'était une époque où les règles du jeu faisaient implicitement la part belle à la roublardise d'un grand nombre. Résultat: beaucoup de ballons enterrés, beaucoup d'actions brouillonnes, beaucoup d'arrêts de jeu et au final un public qui s'impatiente et qui se lasse.

LA DESCENTE AUX ENFERS

On aurait jamais cru cela possible et pourtant. L'arrivée à pas feutré du " carnassier professionnel" dans le monde du Rugby, eut un effet dévastateur pour les clubs à l'équilibre budgétaire instable et à la gestion encore teintée d'amateurisme. D'autres avant le CABBG en avaient fait les frais. Descente en Pro D2 pour Bègles en 2003 et Faute de subvention suffisante, descente en fédérale 1 l'année d'après...

La suite, on la connait. C'est L'Union de 2006 entre le Stade Bordelais et le CABBG qui donne aujourd'hui l'Union Bordeaux Bègles et qui rempli les stades comme jamais auparavant. C'est une très bonne chose: Le jeu est attrayant, le spectacle est Garanti dans une ambiance extraordinaire...

EST-CE BIEN LA DERNIÈRE à MOGA ?

À l'heure où j'écris cette bafouille sentimentale, l'UBB n'est pas encore sorti d'affaire. La relégation est à 4 points derrière et la qualification pour les phases finales 6 points devant: Rien n'est acquis et tout est à perdre à 3 journées de la fin.

J'ai mon billet en poche pour la Der à Moga. Ce sera avec beaucoup d'émotion que je vais assister à ce match. Nous y seront en famille avec nos maillots à damier de notre section respective. L'équipe de l'UBB va jouer pour l'occasion avec le maillot à damier au format de l'époque...

Avec la Der à Musard, je pense à la période vécue avec force. Celle-ci s’étala du tout début des années 80 jusqu'à la porte des années 2000. Les souvenirs et les images sont infinis et se bousculent dans ma mémoire ...

La Der à Musard, cela m'évoque des joueurs comme Le Talonneur international Tarbais Dintrans, extraordinaire combattant, qui sortait du terrain dans un état de fatigue extrême, ayant laissé une partie de ses tripes sur le terrain...

La Der à Musard, c'est de revoir un Pierre Berbizier au somment de son art, envoyant une passe vissée de 20 mètres à un Philippe Sella qui n'en demandait pas tant...

La Der à Musard, c'est admirer les relances magistrales d'un Serge Blanco funambule de la ligne de touche, prestidigitateur de la passe impossible, jongleur du Ballon ovale....

La Der à Musard, c'est de chercher à comprendre la complémentarité et l'efficacité du formidable attelage Daquois composé De Berraud et Roumat...

La Der à Musard, c'est trembler lorsque Marc Geneste tente une relance de ses 22 et ose affronter avec détermination et sans perdre le ballon, des joueurs bien plus gros que lui...

La Der à Musard, c'est la voix puissante et chaude d'un spectateur de l'académie qui crie:"Allez Bèèèèggggles !" après une minute de silence en hommage à un cabiste disparu...

La Der à Musard, c'est revoir avec tendresse un Francis Mallard toujours bougon, toujours Bancale, mais toujours fidèle...

La Der à Musard, c'est revoir "la faucheuse" Sébastien Conchy, qui foudroie sur place un adversaire au raz du paquet...

La Der à Musard, c'est entendre le public hurler sur un Philippe Soulé qui vient de franchir le 1er rideau et qui file à l'essai...

La Der à Musard, c'est un Jean-Pierre Bastia qui, de sa Muleta/Grey Coat, tente de toréer un Victor Viking sur son vélo Bariolé juste avant le coup d'envoi...

La Der à Musard, c'est la proximité avec les joueurs à l'échauffement et l'impression de voir, presque dans les yeux, la détermination du combat qui s'annonce...

La Der à Musard, c'est un Bernard Moison aérien, auréolé de son Bandeau, qui s'éleve dans les airs au firmament des Saint Sauteurs...

La Der à Musard, c'est revoir Christophe Reigt faire une passe chistera croisée dans le périmètre d'une cabine téléphonique à un William Téchoueyres explosif.

La Der à Musard, c'est toutes les actions qui nous ont fait vibrer et tous ces joueurs qui ont donné de leur engagement pour que les Béglais soient respectés aux 4 coins de l’hexagone...Ils m'est impossible de tous les citer...

A Bègles, il y aura encore du Rugby.

C'est le dernier match de l'équipe pro mais c'est loin d'être le dernier match de Rugby sur le Terrain de Moga.

L'équipe réserve de l'équipe pro joue ses matchs sur ce pré. Ça vaut le coup d'oeil car la qualité et l'engagement sont présents. Les équipes jeunes du CABBG jouent également dans ce stade.

J'ai ouï dire que dans un futur proche, les instances directrices voudraient faire démolir la tribune Garonne...

Je trouve pour le coup que ça va un peu vite. La roue tourne et on ne sait pas de quoi sera fait demain. Des résultats médiocres conjugués avec des difficultés financières peuvent avoir des répercutions calamiteuses ( les précédents sont suffisamment nombreux pour en appeler à de la prudence).

En attendant, l'UBB est certainement en train d'écrire les plus belles pages de son histoire. Samedi, on dira adieu aux damiers Bleu et Blanc et ce match doit être une grande fête: Espérons que la fête soit totale avec en point d'orgue, une victoire de l'UBB sur une équipe d'Oyonnax qui ne va pas avoir d'état d'âme avec des Béglais sentimentaux.

Allez L'Union et Allez Bègles !

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commentaires

Fred 07/05/2015 12:37

Superbe description, on sent du vécu là dedans .

Laurent 07/05/2015 21:31

Oui, tout est vécu mais d'autres personnes doivent avoir encore plus de souvenir que moi. J'ai quelques imprécisions dans les dates et je n'ai plus les noms des visages que j'ai croisé. Les vrais rugbymen Béglais qui ont vécu cette époque pourraient écrire plusieurs livres.

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